

Archétypes &
Relief psychosocial
Les neuf dimensions permettent d'observer différentes composantes du fonctionnement humain. Leur combinaison fait apparaître des configurations psychologiques qui peuvent être représentées sous la forme de profils archétypiques.
Ces profils ne sont ni des catégories définitives ni des étapes d'une trajectoire obligatoire. Ils constituent des repères permettant de comparer différentes configurations.
La comparaison de ces configurations fait apparaître une continuité : certaines sont proches par leur organisation générale, d'autres présentent des contrastes plus marqués, tandis que de nombreuses configurations intermédiaires peuvent être envisagées. Dans le modèle proposé ici, cette continuité constitue le continuum des configurations psychologiques.
Le continuum ne correspond donc ni à une ligne unique ni à une échelle allant d'un fonctionnement « inférieur » à un fonctionnement « supérieur ». Il désigne la continuité entre des configurations multidimensionnelles produites par des combinaisons différentes des mêmes dimensions.
Cette continuité ne suffit toutefois pas à expliquer comment les configurations se construisent. Elle conduit à s'interroger sur les conditions, les influences et les expériences qui participent à leur formation.
C'est à ce niveau qu'interviennent le fond du conditionnement psychosocial, le relief singulier dans lequel chaque personne évolue et les vecteurs d'influence qui traversent ce relief.
Synthèse
Les neuf dimensions permettent de décrire séparément différentes composantes du fonctionnement humain. Mais leur intérêt apparaît surtout lorsqu'elles sont considérées ensemble.
Pour représenter cette combinaison, chaque dimension peut être située selon un degré relatif d'expression ou de mobilisation. Les neuf valeurs obtenues peuvent alors être reportées sur un graphique comportant neuf axes : le radar.
Le radar ne mesure pas une quantité psychologique au sens clinique ou expérimental. Il constitue une représentation synthétique d'une configuration particulière : sa forme permet de visualiser simultanément les dominantes, les contrastes et les équilibres relatifs entre les neuf dimensions.
Un profil archétypique correspond ainsi à une configuration théorique représentée par un radar. Il ne s'agit pas de faire entrer une personne réelle dans une catégorie, mais de disposer d'un modèle simplifié permettant de comparer différentes organisations possibles.
Les graphiques présentés dans la suite de cette page donnent donc une représentation visuelle des profils étudiés. Leur intérêt réside moins dans la précision des valeurs que dans la lecture de la forme générale produite par la combinaison des neuf dimensions.
Focus
Des profils au continuum et au relief psychosocial
Le radar constitue ici un outil de représentation graphique. Il transforme une configuration multidimensionnelle en une forme visuelle permettant d'en percevoir rapidement les dominantes, les contrastes et les zones de relative faiblesse.
La forme du radar ne constitue pas une mesure globale de la personne. Deux profils peuvent présenter une surface comparable tout en reposant sur des organisations très différentes des dimensions. Inversement, une même dimension peut prendre une signification différente selon les autres dimensions auxquelles elle est associée.
Le radar doit donc être lu comme une carte de configuration, et non comme un score psychologique..
Le radar comme représentation
Les neuf dimensions permettent d'observer différentes composantes du fonctionnement humain. Mais une personne ne se définit jamais par une seule dimension.
Ces différentes caractéristiques s'associent entre elles, avec des degrés variables, et peuvent se renforcer, se compenser ou entrer en tension. Leur combinaison fait apparaître des configurations psychologiques particulières.
C'est à partir de ces configurations que MindWorld utilise la notion de profil psychologique archétypique.
Des profils au continuum et au relief psychosocial
Développement
Un profil psychologique archétypique n'est pas une catégorie naturelle dans laquelle une personne pourrait être définitivement classée.
Il s'agit d'une configuration idéal-typique, construite à partir de l'association de plusieurs caractéristiques. Son objectif est de rendre certaines organisations psychologiques plus lisibles et de permettre leur comparaison.
Un profil peut ainsi associer une forte autonomie intérieure, une importante énergie d'action et une faible dépendance à la reconnaissance extérieure.
Un autre peut présenter une forte sensibilité affective, une recherche importante de sécurité relationnelle et une autorégulation plus fragile.
Un autre encore peut associer une forte orientation vers la performance, une importante recherche de reconnaissance sociale et une faible prise en compte de certaines dimensions de la vulnérabilité.
Ces configurations ne décrivent pas nécessairement des personnes réelles dans leur totalité. Elles constituent des points de repère permettant de comparer différentes organisations possibles.
La réalité individuelle demeure généralement plus complexe, plus nuancée et plus variable.
Des profils plutôt que des catégories
L'observation séparée des neuf dimensions permet de distinguer différentes fonctions psychologiques. Elle ne suffit cependant pas toujours à comprendre la manière dont ces fonctions s'organisent ensemble.
Deux personnes peuvent présenter une autonomie comparable tout en ayant des rapports très différents à autrui.
Deux personnes peuvent avoir une forte énergie d'action tout en étant orientées vers des valeurs ou des objectifs existentiels très différents.
Deux personnes peuvent présenter une sensibilité affective importante, mais disposer de capacités d'autorégulation très différentes.
La combinaison des dimensions devient donc informative.
Le profil constitue ainsi un niveau intermédiaire entre les dimensions psychologiques individuelles et la complexité du fonctionnement réel d'une personne.
Pourquoi comparer des profils ?
La comparaison des profils permet de faire apparaître une propriété importante des configurations psychologiques : elles ne constituent pas des catégories séparées.
Deux configurations peuvent être suffisamment différentes pour être distinguées tout en partageant plusieurs caractéristiques. Une troisième peut présenter certaines caractéristiques de l'une et certaines de l'autre. D'autres configurations encore peuvent se situer entre plusieurs profils sans correspondre exactement à aucun d'entre eux.
Dans le modèle proposé ici, cette continuité constitue le continuum des configurations psychologiques.
Le continuum ne correspond ni à une ligne unique ni à une échelle de valeur. Les neuf dimensions peuvent se combiner selon des configurations très différentes, et certaines dimensions peuvent évoluer indépendamment des autres.
Les profils archétypiques constituent ainsi des repères au sein d'un espace multidimensionnel de configurations. Ils permettent de rendre visibles certaines formes contrastées tout en laissant apparaître les nombreuses configurations intermédiaires.
Des profils au continuum
Le continuum devient plus lisible lorsque les configurations sont représentées concrètement. Les profils psychiques archétypiques proposent à cette fin quelques repères théoriques construits à partir des neuf dimensions.
La comparaison des profils permet alors de déplacer la question.
Il ne s'agit plus seulement de décrire ce qui différencie les configurations. Il devient nécessaire de comprendre les conditions dans lesquelles elles se construisent, se maintiennent ou se transforment.
Cette question conduit au fond du conditionnement psychosocial : la trame générale des conditions humaines, historiques, sociales, culturelles, matérielles et relationnelles dans laquelle les individus se construisent.
Le conditionnement psychosocial en constitue l'expression particulière dans les conditions de vie d'une personne donnée. Le relief psychosocial désigne alors la manière singulière dont ces conditions, contraintes, ressources et influences se combinent dans son existence.
Les vecteurs d'influence et la pente locale permettent enfin de représenter symboliquement la manière dont certaines influences se renforcent, se compensent ou convergent.
La page suivante examine les conditions qui constituent ce fond du conditionnement psychosocial et la manière dont elles participent à la construction humaine.
Le relief psychosocial
Le relief psychosocial désigne la modalité vécue singulière que prend, pour une personne donnée, la conjonction des contraintes, ressources, possibilités et influences qui composent son conditionnement psychosocial.
Les profils psychologiques archétypiques correspondent à l’expression particulière de cette trame dans les conditions de vie concrètes de la personne : relations familiales, éducation, environnement culturel, conditions matérielles, normes sociales, expériences de reconnaissance ou de rejet, environnement professionnel, événements de vie et possibilités offertes par son milieu.
Il ne correspond donc pas à une force unique.
Un environnement peut simultanément offrir des ressources dans un domaine et exercer de fortes contraintes dans un autre.
Une personne peut par exemple bénéficier d'une sécurité matérielle importante tout en évoluant dans un environnement relationnel fortement contraignant.
À l'inverse, une relation sécurisante peut contribuer à compenser certaines vulnérabilités présentes dans d'autres domaines.
Le relief est donc nécessairement multidimensionnel.
Il constitue l'ensemble des conditions dans lesquelles une trajectoire individuelle se développe, sans déterminer mécaniquement cette trajectoire
Du continuum au relief psychosocial
Pour mieux représenter la manière dont les influences présentes dans le conditionnement psychosocial peuvent agir et s’orienter différemment, MindWorld utilise ici, à titre conceptuel, la notion de vecteur d’influence.
Le terme « vecteur » ne désigne pas une grandeur physique ni une variable psychologique scientifiquement mesurée.
Il s'agit d'une représentation symbolique d'une influence orientée vers une certaine transformation.
Le vecteur possède ainsi, symboliquement, une direction et une intensité.
Il peut provenir de la personne elle-même, de son environnement ou de leur interaction.
Les influences internes peuvent notamment concerner les dispositions personnelles, les besoins, les motivations, les habitudes acquises, les aspirations, les émotions ou certaines ressources psychologiques.
Les influences externes peuvent provenir des relations familiales, de l'éducation, des conditions matérielles, de l'environnement professionnel, des normes sociales, de la culture, des institutions ou des événements de vie.
Ces différentes influences ne vont pas nécessairement dans la même direction.
Des vecteurs qui peuvent converger ou s'opposer
Dans le conditionnement psychosocial d’une personne, plusieurs influences peuvent se renforcer mutuellement. D’autres peuvent s’opposer ou produire des effets contradictoires.
Une personne peut ainsi disposer de ressources personnelles importantes tout en évoluant dans un environnement fortement contraignant.
Inversement, un environnement favorable peut compenser partiellement certaines vulnérabilités individuelles.
Les influences peuvent également agir sur des dimensions différentes.
Une même condition peut, par exemple, favoriser l'énergie d'action tout en fragilisant l'équilibre affectif. Une relation peut renforcer l'autonomie intérieure tout en modifiant l'orientation existentielle.
Le relief psychosocial résulte ainsi de la composition dynamique de multiples influences issues de la rencontre entre la personne et les conditions concrètes de son conditionnement psychosocial.
Les vecteurs d'influence
Les vecteurs représentent ainsi les influences particulières qui traversent le relief psychosocial.
Lorsque plusieurs influences convergent durablement, elles contribuent à créer une orientation privilégiée, représentée métaphoriquement comme une pente locale.
La pente n'est donc pas une cause première.
Elle constitue une représentation simplifiée de l'orientation résultant de la convergence de plusieurs influences.
Ainsi :
le vecteur représente une influence orientée ;
la convergence de plusieurs vecteurs peut produire une pente locale ;
l'ensemble des orientations, contraintes et possibilités constitue le relief psychosocial.
Cette articulation permet de conserver l'intuition de la pente sans supposer qu'il existerait une seule direction générale de développement psychologique
Du vecteur à la pente locale
La distinction entre ces différents niveaux permet de mieux comprendre la relation entre l'environnement et la construction individuelle.
Le fond du conditionnement psychosocial représente la trame générale, profonde et étendue dans laquelle l’humanité a son lit.
Le conditionnement psychosocial représente l’expression particulière de cette trame dans les conditions de vie concrètes d’une personne donnée.
Le relief psychosocial représente la configuration particulière que prennent, pour cette personne, les contraintes, ressources, possibilités et influences issues de ce fond.
Les vecteurs représentent les influences orientées qui peuvent renforcer, compenser ou modifier certaines orientations.
La pente représente, lorsque plusieurs influences convergent, une orientation privilégiée à un moment donné.
La trajectoire correspond au parcours effectivement suivi par la personne.
Le profil, enfin, représente une configuration observable de différentes dimensions à un moment donné.
Ces niveaux ne doivent pas être confondus.
Une trajectoire peut être stabilisée, infléchie ou réorientée. Elle n'est jamais entièrement indépendante du contexte, mais elle n'est pas non plus entièrement déterminée par lui.
Relief, trajectoire et profil
Le fait que le fond du conditionnement psychosocial puisse favoriser certaines orientations ne signifie pas qu'il les impose.
Deux personnes exposées à des conditions comparables peuvent développer des fonctionnements différents.
Elles disposent de caractéristiques personnelles différentes, de ressources différentes et peuvent rencontrer des événements différents. Elles peuvent également interpréter une même situation de manière différente.
Il existe donc toujours un écart entre influence et détermination.
Le relief rend certaines directions plus accessibles, plus familières ou plus valorisées.
Il ne supprime pas nécessairement la possibilité d'en prendre d'autres.
Une nouvelle relation, un apprentissage, une expérience significative, une prise de conscience ou une modification de l'environnement peuvent introduire de nouvelles influences et contribuer à infléchir une trajectoire.
Le modèle cherche ainsi à décrire des conditions de possibilité, et non à établir une causalité mécanique entre un environnement et un fonctionnement psychologique.
Le relief n'est pas une fatalité
Une représentation conceptuelle, pas un modèle prédictif
Le modèle présenté ici doit être compris comme une construction conceptuelle destinée à organiser une lecture transversale de la construction humaine.
Les termes de profil, continuum, relief, vecteur et pente ne constituent pas des catégories scientifiques officiellement établies ni des instruments de mesure clinique.
Ils permettent de représenter différentes relations entre les dimensions individuelles, les conditions d'existence et les influences qui peuvent agir sur une trajectoire.
Leur intérêt réside donc moins dans une prétention à mesurer précisément ces phénomènes que dans leur capacité à maintenir visibles leurs interactions et leur caractère évolutif.
Cette prudence est essentielle : la proximité entre deux profils ne démontre pas qu'ils résultent des mêmes causes, pas plus que l'existence de conditions psychosociales communes ne permet de déterminer leur influence exacte sur chaque individu.


