Le Dasein et le pervers narcissique

Le modèle Heideggérien pour situer la perversion narcissique

L’humain

Une donnée ou une exigence ?

Définir l’humain semble, à première vue, ne poser aucune difficulté. Il suffirait d’appartenir à l’espèce Homo sapiens pour être reconnu comme tel. Pourtant, cette évidence se trouble dès que l’on considère la manière dont les individus vivent, entrent en relation et se comportent les uns envers les autres. Être humain ne se réduit pas à un fait biologique ; cela engage une certaine manière d’exister.

C’est précisément ce déplacement qu’opère Martin Heidegger dans Être et Temps. Il pense l'Homme comme un mode d’être : le Dasein. L’humain est cet "étant" particulier qui ne se contente pas d'être, mais pour lequel son propre être est en question. Il est ouvert au monde, engagé dans des significations, projeté vers des possibilités.

Toute chose existe dans un contexte. L’humain pris à part, dans un néant n’existe pas ; il a un milieu, une histoire personnelle, et une préhistoire anthropologique qui le détermine-là. Au cœur de cette conception se trouve une idée essentielle : nous ne sommes jamais seuls. Heidegger parle d’être-avec (Mitsein) pour désigner cette structure fondamentale : nous sommes toujours déjà avec les autres, inscrits dans un monde commun. Autrui n’est pas un objet parmi d’autres, mais un co-existant, un être qui, comme nous, se rapporte à sa propre existence. Nous comprenons spontanément les autres comme des êtres semblables à nous, eux aussi engagés dans leur vie, confrontés à leurs choix, à leurs limites, à leur finitude.

Cependant, cette structure fondamentale ne garantit pas la qualité du lien. Elle en rend la possibilité, mais non l’effectivité. L’expérience montre que le rapport à autrui peut se déployer selon des modalités très différentes, parfois éloignées de cette reconnaissance originaire. C’est dans cet écart que se joue une part essentielle de la question de l’humain.

Sémantique - Étant et Dasein

En philosophie, un étant désigne tout ce qui est : une pierre, un arbre, un animal, un objet, une personne. Bref, tout ce qui a une présence dans le monde.

Le Dasein, chez Heidegger, désigne l’être humain en tant qu’il existe au sens fort : il ne se contente pas d’être là, il se comprend lui-même, se pose des questions, et se rapporte à son propre être. C’est ce qu’Heidegger appelle parfois l’ek-sistence : le fait de se tenir “hors de soi”, ouvert au monde, aux autres et à ses possibles.

Le mot vient de l’allemand et suggère littéralement une sortie hors de soi : ek- signifie “hors de”, et sistere renvoie au fait de se tenir, de se tenir debout, de se tenir dans une ouverture.

Autrement dit :

  • l’étant est ce qui est là ;

  • le Dasein est l’étant particulier qui peut se demander ce que signifie être.

Une lecture du rapport à autrui

Introduction — Situer l’analyse

Dans le cadre posé précédemment, l’expression de “perversion narcissique” désigne une configuration relationnelle caractérisée par la prévalence de l’usage sur la reconnaissance d’autrui.

L’intérêt d’une mise en perspective avec la pensée de Martin Heidegger tient à ceci : elle permet de décrire avec précision les modalités du rapport à autrui, sans recourir à des catégories psychologiques rigides. Dans Être et Temps, Heidegger ne propose pas une théorie des comportements, mais une analyse des structures de l’existence. C’est dans cet écart — entre structure ontologique et expérience relationnelle — que peut s’inscrire la réflexion.

Le cadre heideggérien : être-au-monde et être-avec

Chez Heidegger, l’humain n’est pas défini comme une substance, mais comme un Dasein, c’est-à-dire un être réflexif, un être qui s'interroge sur la nature de son existence . Le Dasein, l'Homme engagé dans le monde, est pris dans un réseau de significations, d’usages et de relations.

Ce monde n’est pas composé d’objets neutres. Les choses y apparaissent d’abord selon leur fonction. Heidegger désigne ce mode d’apparition comme la disponibilité (Zuhandenheit) : un outil est d’abord ce dont on se sert, ce qui s’inscrit dans une pratique.

Lorsque ce rapport se rompt, les choses apparaissent autrement : comme de simples présences, détachées de tout usage. Elles relèvent alors de la subsistance (Vorhandenheit), c’est-à-dire d’un mode d’être neutre, sans implication pratique immédiate.

Mais le point décisif est le suivant : l’existence humaine est fondamentalement un être-avec (Mitsein). Autrui n’est pas rencontré comme un objet, mais comme un autre Dasein, engagé dans son propre rapport au monde. Cette co-existence constitue une structure irréductible de l’existence.

Les modalités de rencontre d’autrui

À partir de ce cadre, il devient possible de décrire différentes manières dont autrui peut apparaître dans l’expérience.

Autrui peut d’abord être simplement présent, sans être véritablement rencontré. Il est là, mais sans engagement réel dans la relation. Cette modalité correspond à une forme de distance, analogue à ce que Heidegger décrit comme la subsistance.

Autrui peut également être appréhendé à travers sa fonction. Il est alors intégré dans un réseau d’usage, évalué à partir de ce qu’il permet, de ce qu’il apporte. Dans ce cas, il est saisi selon le mode de la disponibilité.

Enfin, autrui peut être reconnu comme un existant à part entière : un être perçu non comme une fonction, mais comme une présence légitime, avec ses besoins, sa dignité, sa sensibilité et son propre rapport au monde. C’est dans cette reconnaissance que se réalise pleinement la structure du Mitsein.

Ces modalités ne définissent pas des types d’êtres, mais des manières de se rapporter à autrui. Elles coexistent dans l’expérience ordinaire et varient selon les situations.

Deux niveaux d’analyse : usage et reconnaissance

Pour éviter toute confusion, il est nécessaire de distinguer deux plans.

Au niveau des manifestations, toute relation humaine peut comporter des moments de distance ou d’utilité. Ces variations sont normales et n’impliquent pas une absence de reconnaissance de l’autre comme sujet.

Au niveau structurel, en revanche, il s’agit de savoir quelle modalité tend à organiser durablement le rapport à autrui. Dans l’expérience ordinaire, même si la relation est parfois utilitaire, il subsiste, chez le sujet sain, en arrière-plan une capacité naturelle et implicite à ressentir et reconnaître autrui comme un existant (ek-sistant), un Dasein, un alter-égo, un être dans toutes sa dimension humaine avec ses besoins légitimes. Cette reconnaissance peut être réactivée.

La distinction est donc la suivante :

  • usage ponctuel - vs - structuration dominante

  • variation de surface - vs - orientation du rapport

Cette courbe propose une représentation simplifiée des différentes manières dont le rapport à autrui peut se structurer au sein de la population. Elle illustre une tension générale entre reconnaissance existentielle d’autrui et structuration utilitaire de la relation : plus autrui est envisagé à travers sa fonction ou son usage, plus sa reconnaissance comme existant à part entière tend à diminuer.

La courbe représente une dynamique relationnelle typique pouvant être rapprochée de certaines configurations psychologiques. On trouve ainsi dans sa partie inférieure droite des formes relationnelles fortement marquées par une tendance structurelle à l’instrumentalisation d’autrui, comme c’est le cas pour la perversion narcissique. Inversement, sa partie supérieure gauche renvoie à des modalités relationnelles caractérisées par une forte reconnaissance existentielle d’autrui, comme peuvent tendre à le rechercher certaines traditions contemplatives, notamment bouddhistes. Le modèle illustre ainsi la diversité des modalités relationnelles entre ses deux pôles asymptotiques.

Reconnaissance forte (Mitsein)

Dominance instrumentale (Zuhandenheit)

Représentation du rapport à autrui

Une lecture heideggérienne de l’instrumentalisation

Dans certaines configurations relationnelles, cette dynamique semble se stabiliser. Autrui est alors majoritairement appréhendé à partir de sa fonction. Il est intégré dans un système d’usage, maintenu dans la relation tant qu’il répond à une attente, et progressivement disqualifié lorsqu’il cesse de le faire.

Dans un cadre heideggérien, cela peut être interprété comme une prévalence du mode de la disponibilité (Zuhandenheit) appliqué à la relation humaine elle-même.

Autrui n’est plus principalement rencontré comme un Dasein, mais comme un simple élément du monde. Lorsqu’il cesse d’être fonctionnel, il peut basculer vers une forme d’indifférence, analogue à la subsistance (Vorhandenheit). C'est le principe de chosification.

Il ne s’agit d’une grave altération de sa manifestation du Mitsein - du vivre avec. La reconnaissance de l’autre comme existant devient secondaire, voire impossible à intégrer.

Une érosion du sens de l’altérité

Au-delà de la description, cette dynamique peut être interprétée philosophiquement.

Lorsque la relation est majoritairement structurée par l’usage, elle tend à perdre sa dimension de reconnaissance. L’autre n’est plus appréhendé comme porteur d’un monde propre, mais comme un support fonctionnel.

Dans cette perspective, il est possible de rapprocher cette configuration de ce que Friedrich Nietzsche a désigné comme une forme de nihilisme : une érosion du sens et de la valeur. Ce qui se trouve affecté est la signification même de la relation à autrui.

Cette lecture peut être mise en tension avec la pensée de Emmanuel Levinas, pour qui autrui ne peut jamais être réduit à une fonction. La relation à l’autre constitue une exigence éthique irréductible.

Une altération du rapport, non de l’être

L’intérêt de cette mise en relation entre dynamique relationnelle et pensée heideggérienne est de déplacer la question. Il ne s’agit pas de déterminer ce qu’est une personne, mais de comprendre comment autrui est rencontré.

Dès lors, la question de l’humain ne peut plus être posée uniquement en termes d’appartenance, mais en termes de qualité du rapport à autrui. Être humain ne consiste pas seulement à exister parmi les autres, mais à pouvoir les rencontrer comme des existants, porteurs d’un monde qui ne se réduit jamais à ce qu’ils peuvent nous apporter.

Certaines configurations relationnelles comme la perversion narcissique se caractérisent par une réduction du spectre de rencontre d’autrui, où la dimension fonctionnelle tend à dominer au détriment de la reconnaissance existentielle.

Cette réduction modifie profondément la qualité de l’être-avec. L’autre demeure intrinsèquement un existant, mais il n’est plus rencontré comme tel.

C’est dans cette tension — entre usage et reconnaissance — que se joue la possibilité d’un rapport véritablement humain.

Le mode de vie relationnel du PN

Réduction de l'autre à un objet

La spécificité du rapport du pervers narcissique à autrui s'éclaire par la notion heideggerienne de prévalence de la disponibilité (Zuhandenheit).

Si toute relation humaine comporte, par nécessité, des moments d'usage ou d'utilité, le PN se distingue par une inversion structurelle : chez lui, le rapport fonctionnel ne constitue plus une variation de surface, mais l'orientation dominante et quasi exclusive de son être-avec (Mitsein).

Pour le PN, l'autre n'est jamais reconnu comme un alter-ego, un "existant" porteur de son propre monde, mais bascule entièrement dans la catégorie de l'ustensilité (Zuhandenheit).

Il ne perçoit l'autre que dans un rapport de servitude et de profit, le traitant comme un outil destiné à combler son propre vide intérieur et à maintenir son image idéalisée - un outil destiné à soutenir son économie psychique.

Ce "vide" lui interdit une forme d'empathie phénoménologique — cette capacité de se projeter et de reconnaître l'autre comme un semblable — car reconnaître autrui reviendrait, pour lui, à accepter sa propre vulnérabilité et sa dépendance, deux choses qu'il doit désavouer par ses mécanismes de projection et de déni

Cette dynamique, témoigne d'une érosion du sens de l'altérité où la dimension de reconnaissance, essentielle à la rencontre authentique, est systématiquement évincée. Lorsque l'autre cesse d'être fonctionnel, il bascule alors dans une forme d'indifférence, analogue à la simple subsistance (Vorhandenheit), révélant que, pour le PN, la qualité du rapport à autrui n'est plus une exigence éthique, mais une simple mesure de profitabilité. 

Remarques complémentaires

  • La notion d'ustensilité : Chez Heidegger, l'outil (Zeug) est fait pour être utilisé et "usé". En transformant l'autre en ustensile, le PN nie sa qualité d'"existant" au profit d'une fonction.

  • La détresse narcissique comme moteur : La chosification n'est pas un hasard, mais une réponse défensive à sa propre "détresse narcissique". Ce n'est pas seulement un choix, c'est une nécessité existentielle pour maintenir son narcissisme à flot.

  • L'inversion de l'empathie : Le PN pratique une "empathie instrumentale" : il comprend parfaitement les émotions de l'autre, non pour les partager ou entrer en relation, mais précisément pour mieux manipuler l'ustensile afin qu'il reste fonctionnel à ses besoins.

  • L'analogie Zuhandenheit/Vorhandenheit : L'usage de ces termes techniques heideggeriens permet d'expliquer pourquoi le PN est capable de "jeter" ou d'ignorer violemment ses victimes une fois qu'elles ne sont plus utiles : elles passent simplement du statut d'outil "disponible" à celui d'objet "neutre" (la subsistance) inutile. A fortiori elles n'ont jamais représenté un autre Dasein.  Elles n'ont jamais été dans un rapport relationnel véritable.

Les modes de rencontre d’autrui et leurs altérations

Pour comprendre ces variations, il faut revenir à une intuition centrale de Heidegger : notre rapport au monde n’est pas d’abord théorique, mais pratique. Les choses nous apparaissent à travers ce qu’elles permettent, ce qu’elles rendent possible. Un outil est d’abord ce dont on se sert. Heidegger désigne ce mode d’apparition comme la disponibilité (Zuhandenheit).

Ce n’est que lorsque ce rapport se rompt que l’objet apparaît autrement, comme une simple chose présente, détachée de tout usage. Il relève alors de la subsistance (Vorhandenheit), c’est-à-dire d’une présence neutre, sans implication.

Ce schéma, bien qu’élaboré à propos des objets, éclaire également la manière dont autrui peut apparaître dans l’expérience. Autrui ne se donne pas toujours à nous sous une forme unique et stable.

Il peut être simplement là, présent sans être véritablement rencontré.

Il peut aussi être intégré dans notre monde comme un élément fonctionnel, évalué à partir de ce qu’il apporte.

Mais il peut enfin être reconnu comme un existant à part entière, engagé dans son propre rapport au monde.

Ces différentes modalités ne désignent pas des types d’êtres, mais des manières de se rapporter à autrui. Elles décrivent des variations du lien, allant d’une présence distante à une reconnaissance véritable.

Cependant, pour éviter toute confusion, il est nécessaire d’introduire une distinction décisive entre deux plans.

D’une part, il y a le plan phénoménologique, celui des manifestations concrètes de la relation. À ce niveau, toute personne peut, selon les situations, entretenir des relations distantes, fonctionnelles ou profondément engagées. Il est courant, dans la vie sociale, de croiser autrui sans véritable rencontre, ou de l’intégrer temporairement dans une logique d’usage, sans que cela remette en cause une reconnaissance plus profonde.

D’autre part, il existe un plan plus fondamental, qui concerne la capacité même à reconnaître autrui comme un existant, c’est-à-dire comme un être irréductible à toute fonction. Dans l’expérience ordinaire, cette capacité demeure présente, même lorsqu’elle n’est pas activement mobilisée. Une relation peut être momentanément superficielle tout en reposant, en arrière-plan, sur une reconnaissance implicite de l’autre comme sujet. Cette reconnaissance peut être réactivée, approfondie, restaurée.

C’est précisément cette distinction qui permet d’affiner l’analyse de certaines configurations relationnelles décrites par la psychanalyse. Dans ces cas, il ne s’agit pas seulement de relations ponctuellement utilitaires — ce qui est commun à toute existence humaine — mais d’une tendance plus stable à appréhender autrui à partir de sa fonction.

Autrui est alors principalement rencontré à travers ce qu’il apporte, ce qu’il permet, ce qu’il soutient. Il est intégré dans un système d’usage, maintenu dans la relation tant qu’il répond à une attente, et progressivement disqualifié lorsqu’il cesse de le faire. Le lien devient instable, conditionné par l’utilité.

Dans ce cadre, ce qui semble en jeu n’est pas uniquement une variation de surface, mais une restriction du rapport à autrui. La reconnaissance de l’autre comme existant apparaît comme difficile à mobiliser, secondaire, voire marginalisée.

Une telle dynamique peut être éclairée, dans un cadre heideggérien, comme une prévalence du mode de la disponibilité (Zuhandenheit) appliqué à la relation humaine. Autrui est majoritairement appréhendé comme un élément du monde, et non comme un Dasein rencontré dans sa singularité. Lorsqu’il cesse de répondre à une fonction, il peut basculer vers une forme d’indifférence, analogue à la subsistance (Vorhandenheit).

Il est essentiel de souligner que, chez Heidegger, l’être-avec ne disparaît jamais. Il constitue une structure irréductible de l’existence humaine. Ce qui peut se modifier, en revanche, c’est la manière dont cette structure se manifeste : son ouverture, sa profondeur, sa capacité à accueillir l’altérité.

Cette analyse trouve un prolongement dans la pensée de Emmanuel Levinas, pour qui la relation à autrui engage une responsabilité irréductible. Là où Heidegger décrit les structures de l’être, Levinas rappelle que reconnaître l’autre comme autre n’est pas seulement un fait, mais une exigence.

Dans cette perspective, la réduction d’autrui à une fonction n’apparaît pas simplement comme une modalité relationnelle parmi d’autres, mais comme une altération du rapport éthique. Elle ne supprime pas l’humanité au sens biologique, mais elle en affecte une dimension essentielle : la capacité à maintenir l’autre comme un existant, et non comme un moyen.

Une différence de surface ou de profondeur ?

La distinction introduite permet de clarifier un point essentiel : toutes les relations humaines ne se situent pas sur le même plan. Il est normal, et même inévitable, que les interactions quotidiennes comportent des moments de distance ou d’utilité. Cela n’implique pas une absence de reconnaissance de l’autre, mais simplement une variation dans la manière dont cette reconnaissance est actualisée.

En revanche, certaines configurations semblent marquées par une différence plus profonde. Ce n’est pas seulement la relation qui devient fonctionnelle, mais la capacité même à reconnaître autrui comme existant qui se trouve limitée dans son expression.

Dès lors, la question de l’humain ne peut plus être posée uniquement en termes d’appartenance, mais en termes de qualité du rapport à autrui. Être humain ne consiste pas seulement à exister parmi les autres, mais à pouvoir les rencontrer comme des existants, porteurs d’un monde qui ne se réduit jamais à ce qu’ils peuvent nous apporter.

C’est dans cette tension — entre usage et reconnaissance, entre surface et profondeur — que se joue, silencieusement, la réalité du lien humain.

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