La neutralité corrompue

La neutralité constitue déjà une position complexe dans les relations internationales. Elle suppose une abstention formelle, un équilibre des engagements et une capacité à résister aux pressions des parties en conflit. Transposée à l’échelle individuelle et sociale, cette posture devient encore plus fragile.

Vous êtes exposé à des situations conflictuelles : rapports de domination, disqualifications, humiliations, violences verbales. Ou on vous confie des récits de souffrance, d’oppression, de désarroi. Mais ces éléments sont rarement pleinement vérifiables et toujours partiels.

Dans ce contexte, vouloir rester neutre semble une position rationnelle. Ne pas prendre parti sans certitude, garder une distance, refuser l’engagement précipité : en principe, rien ne s’emble pouvoir s'y opposer.

C’est sans compter sur la manière dont une telle posture peut être lue, interprétée et réinscrite dans le jeu relationnel.

Car dans certains systèmes, même l’absence de position explicite devient une prise de position supposée. Le silence devient signifiant, la prudence devient soupçonnée, la distance devient interprétée. Le tout devenant une ressource exploitable pour l'esprit pervers.

Découvrez comment dans cet espace d’interprétation la neutralité cesse d’être une posture personnelle pour devenir un élément manipulé du réseau social.

Dans les situations d’emprise psychologique, la neutralité est souvent perçue comme une posture prudente et moralement légitime. Beaucoup pensent pouvoir rester extérieurs au conflit, éviter de prendre parti et préserver des relations ordinaires avec chacun. Pourtant, dans un système relationnel manipulé, cette neutralité devient rarement neutre dans ses effets.

Le pervers narcissique ne se contente pas d’agir sur sa victime directe. Il agit sur l’ensemble du réseau social : famille, amis, collègues, proches. Son objectif est de contrôler les perceptions, fragmenter les échanges et empêcher l’émergence d’une compréhension commune de la situation.

Pour cela, il utilise des stratégies de triangulation : il fait circuler des récits différents selon les interlocuteurs, entretient les ambiguïtés et instrumentalise les relations, centrales comme périphériques, par la confusion qu’il diffuse dans les esprits afin que ses propres représentations puissent émerger et finir par s’imposer à la victime comme au groupe.

Les tiers adjuvants

Dans cette dynamique, certains membres de l’entourage deviennent des « tiers adjuvants ». Sans approuver les violences, ils contribuent malgré eux à maintenir le système relationnel du manipulateur par leur silence, leur prudence ou leur volonté de préserver la paix sociale. 

Dans un conflit impliquant une personnalité manipulatrice, la neutralité — entendue comme refus de juger, de s’interposer ou de critiquer — ne demeure pas un simple retrait. Elle est interprétée et exploitée, comme une validation implicite. Le silence se transforme en un signal. L’absence d’intervention est représentée par le pervers comme une forme d’acquiescement de ses comportements. Ainsi, ce qui se présente comme une abstention se transforme progressivement en ressource stratégique. La neutralité cesse d’être un équilibre ; elle devient un levier. Elle n’est plus une position extérieure au conflit, mais un élément intégré à sa dynamique.

Les singes volants

D’autres, sous l’effet d’une instrumentalisation plus accompli — nourrie par une représentation déformée ou partielle de la réalité — deviennent ce que l’on appelle des « singes volants » : des individus mobilisés, parfois même de leur propre initiative, pour défendre la position du pervers narcissique, persuadés d’agir moralement ou de protéger une cause légitime. Ils interviennent alors dans le sens de sa défense, de ses récits ou de sa normalisation sociale, sans percevoir qu’ils participent eux-mêmes à une dynamique de domination radicalement  inverse à leur aspiration. 

Toute relation produit un signal social. Continuer à fréquenter normalement une personne soupçonnée de manipulation ou de violences psychologiques contribue indirectement à préserver son image de personne fréquentable, crédible et intégrée.

Pour la victime sous emprise, cette normalisation sociale agit souvent comme une validation implicite du pervers narcissique : elle se persuade alors que le problème vient peut-être d’elle-même et s’enfonce davantage dans le doute et la remise en question.

La victime en conflit avec le pervers narcissique finit alors souvent par se retirer progressivement du réseau. Elle filtre ses paroles, réduit ses confidences et prend ses distances, non par hostilité, mais parce qu’elle ne se sent plus en sécurité relationnelle. Elle comprend que les informations qu’elle partage circulent, sont déformées puis réutilisées contre elle ; que certaines neutralités profitent au système manipulateur ; et que la stabilité apparente du groupe peut parfois être préservée au détriment de sa propre vulnérabilité.

Ce retrait est fréquemment mal interprété. On y voit de la distance, de l’exagération ou une rupture volontaire des liens, alors qu’il s’agit souvent d’un mécanisme de protection face aux manipulations et aux risques de réutilisation relationnelle.

Le paradoxe est alors profond : la personne manipulatrice, parce qu’elle investit activement le réseau social et instrumentalise les relations, reste connectée au groupe ; tandis que la victime, pourtant authentique dans ses liens, s’isole progressivement pour se protéger.

Autrement dit, le fonctionnement relationnel finit parfois par favoriser celui qui manipule les liens sociaux plutôt que celui qui tente d’échapper à la domination.

C’est en cela que, dans un contexte d’emprise psychologique, la neutralité ne peut plus être considérée comme une simple absence de position.

Synthèse

Une synthèse pour un accès rapide à l'essentiel

Dans bien des situations, c’est ce que l’on croit pouvoir se dire.

Cependant dans un contextes relationnels manipulé, cette neutralité est immédiatement intégrée à un système d’interprétation où elle n’échappe à aucune instrumentalisation possible. Elle n’est pas hors du jeu, mais déjà incluse dans le jeu.

Ne pas critiquer, adopter une attitude conciliante ou simplement préserver une apparence cordiale peut alors suffire à être interprété par le pervers comme un soutien implicite. Non pas parce que cela correspond à une intention réelle, mais parce que cela sert une lecture stratégique des interactions.

Dans ce type de configuration, chaque interaction — même minimale — peut être réutilisée comme élément de validation sociale, indépendamment de l’intention initiale.

Pour le pervers vous faites déjà partie d’un système relationnel dont vous ne pouvez pas vous extraire par simple retrait ou par volonté de neutralité... et il s'en sert évidement sans vous le dire.

Vous pensez être

hors du champs d'action du pervers ?

hors du jeu ?

neutre, impartial ?

Correction des incompréhensions

L'inclusion implicite de tout les acteurs sociaux

Pour le pervers narcissique, la distance n’est jamais un obstacle. Elle constitue au contraire une ressource stratégique. Qu’elle soit géographique, sociale ou émotionnelle, elle crée des zones d’ignorance qu’il exploite pour isoler les individus, fragmenter les perceptions et renforcer son emprise.

Dans chaque relation, il se présente sous un jour ajusté, souvent irréprochable. Courtois, disponible, parfois même vulnérable, il construit une image localement cohérente, qui ne laisse entrevoir ni ses contradictions ni ses conflits ailleurs. Cette présentation n’est pas accidentelle : elle est calibrée. Car aux yeux du pervers, la relation n’est pas un lien réciproque, mais un levier. Chaque individu devient un point d’appui dans un dispositif d’influence dont il est le seul à maîtriser la vue d’ensemble.

C’est dans cette logique que s’installe une organisation relationnelle alvéolaire.

Chaque relation forme une cellule relativement étanche, maintenue à distance des autres. Ce cloisonnement est activement entretenu : il freine la circulation des informations, empêche les recoupements et limite la possibilité de confronter les expériences. Dès lors, une même personne peut soutenir des versions différentes de la réalité selon ses interlocuteurs, sans risque immédiat d’être mise en contradiction.

Vous habitez à 500 km du pervers ?

Vous ne le voyez qu’une fois par an ?

Et vous pensez ne pas être concerné ?

Détrompez-vous !

Pour le pervers le réseau social devient un jeu de pouvoir où chaque élément constitu un point stratégique à conquérir afin de renforcer son pouvoir d'influence et in fine de contrôler les flux d'information qui menacent son image sociale.

Diviser pour régner sur le réseau

Mais cette organisation alvéolaire n’est pas une fin en soi. Elle constitue la condition de possibilité d’une stratégie plus large.

Car le réseau relationnel, lorsqu’il fonctionne librement, représente une puissance qui le menace. Des individus qui communiquent, confrontent leurs perceptions et partagent leurs expériences deviennent capables de reconstituer une réalité cohérente — et donc de mettre en échec la manipulation.

Le pervers narcissique œuvre donc activement à empêcher cette mise en commun.

Il ne se contente pas d’isoler : il divise. Il attise les tensions existantes, en crée de nouvelles, fragilise les liens et oppose les individus entre eux. Progressivement, le réseau cesse d’être un espace de circulation pour devenir une juxtaposition d’îlots méfiants, incapables de coopérer.

Dans cet espace fragmenté, il peut maintenir l’apparence de sa fréquentabilité. Son image reste éclatée, variable selon les points de vue, et donc difficilement contestable. Tant que les perceptions demeurent cloisonnées, il peut continuer d’exister socialement sans être pleinement dévoilé.

Ainsi, le pervers narcissique ne détruit pas frontalement le réseau : il en altère les conditions de fonctionnement. Il en réduit la cohérence, en perturbe les flux, en empêche la structuration d’une vérité partagée.

Car un réseau qui communique est un réseau qui résiste.

Et c’est précisément cette résistance qu’il s’emploie à neutraliser.

Dans une alvéole, il peut se présenter comme victime ; dans une autre, comme médiateur ; ailleurs encore, comme figure fiable ou injustement attaquée. Chaque récit est ajusté à ce que le groupe peut voir, savoir ou vérifier. La réalité cesse d’être partagée : elle devient locale, fragmentée, dépendante du point d’observation.

En contrôlant — même partiellement — la circulation des récits entre ces cellules, il ne se contente pas de mentir. Il produit de la confusion. Il altère les représentations intersubjectives et installe une incertitude diffuse : les individus ne savent plus à qui se fier, ni comment interpréter ce qu’ils perçoivent. Cette désorientation affaiblit les liens et empêche l’émergence d’une réalité commune.

Le cloisonnement devient alors un levier central de son contrôle.

D’une part, il s’appuie sur la dégradation progressive des relations entre les membres du réseau : tensions attisées, malentendus entretenus, méfiances suggérées. D’autre part, cet isolement facilite l’introduction de représentations déformées de la réalité, qui ne peuvent être corrigées faute de confrontation.

Pour consolider cet enrayement des communications, il mobilise la rétention d’information, l’ambiguïté, les sous-entendus et l’instauration de zones de tabou autour de ses comportements problématiques. Parallèlement, il s’appuie sur les dispositions mêmes des autres : leur bonne foi, leur sens moral, leur respect de la vie privée — au sens juridique — ainsi que sur ce que la bienséance sociale considère comme « ce qui ne les regarde pas », les inscitants à rester à distance et ne pas « s’immiscer ».

Face à des indices isolés, ambigus ou difficilement vérifiables, la plupart des individus choisissent la prudence. Sans témoignages croisés, sans vision d’ensemble, le doute persiste. Cette hésitation est précisément ce sur quoi il capitalise pour poursuivre sa manipulation à l’abri des regards.

Organisation relationnelle alvéolaire

La neutralité, l'alier du pervers

Lorsqu’on observe ce mécanisme avec lucidité, on comprend que la neutralité n’est pas perçue par le pervers comme une position d’équilibre, mais comme une faille à exploiter. Il instaure de fait une relation biaisée, dans laquelle la non-prise de position revient à lui céder le terrain. La situation de neutralité est donc une illusion, puisqu’il la détourne et la transforme à son avantage. Face à ce constat, la posture la plus saine n’est pas celle de la neutralité illusoire, mais celle de la clarté d’esprit : reconnaître la manipulation, en comprendre les implications, refuser l’instrumentalisation et affirmer ses limites en prenant position. Car sans cette conscience et cette attitude sociale, on participe, même involontairement, au jeu psychologique du pervers et à l'emprisonnement de sa victime.

Les chapitres qui suivent ont pour objet d'exposer ces stratégies sournoises, qui bien qu'elles soient documentées dans la littérature spécialisée, échappent à l'entendement général.

Le coeur du système

L'instrumentalisation des individus

La logique perverse ne connaît pas de limites, car elle ne se limite pas à instrumentaliser votre personne, elle instrumentalise aussi vos représentations sociales. Quelle que soit votre position, vous occupez une place sur l’échiquier social qu’il manipule pour renforcer son apparente légitimité. Vous ne pouvez pas échapper complètement à ce que vous représentez : votre statut, votre rôle, votre image véhiculent des valeurs qui dépassent votre volonté consciente. C’est cette dimension symbolique que le pervers détourne. Même en demeurant extérieur au conflit, vous pouvez malgré vous alimenter sa stratégie : il utilisera votre nom, votre réserve, votre politesse et votre silence comme autant de preuves sociales en sa faveur.

Dans ses récits, il présentera votre neutralité comme un signe d’alliance, ou votre absence de jugement comme une approbation implicite. Il sélectionnera les faits, les déformera, ou les inventera pour consolider son discours. Ainsi, votre distance devient une caution involontaire. En manipulant les apparences, il rend la neutralité effective impossible : la simple non-opposition devient un instrument au service de sa domination.

Tous dans le collimateur du pervers

Le rôle du masque social

Ce mécanisme est particulièrement important dans les situations d’emprise, parce que le masque social constitue souvent l’un des principaux outils du manipulateur.

La dissociation entre l’image publique et la réalité privée permet précisément à la domination de perdurer. À l’extérieur, la personne peut apparaître calme, sociable, rationnelle ou victime d’un conflit banal. Pendant ce temps, la victime tente souvent d’expliquer des mécanismes invisibles, diffus et difficiles à démontrer objectivement.

Plus l’environnement social continue à traiter la situation comme une relation ordinaire entre deux individus équivalents, plus cette dissociation reste intacte.

Le maintien de relations sociales ordinaires agit alors comme une validation implicite de cette image publique. De proche en proche, cela renforce la crédibilité sociale du manipulateur et fragilise la parole de la victime.

Une fausse symétrie entre victime et auteur des violences

La neutralité de l’entourage peut alors produire une conséquence très lourde : elle place implicitement la victime et l’auteur des violences sur un même plan moral.

Or les positions ne sont pas symétriques.

L’un cherche à maintenir un système de domination ou d’emprise.
L’autre tente généralement de se protéger, de préserver son équilibre psychique ou de sortir du contrôle relationnel.

Traiter les deux parties comme si elles portaient une responsabilité équivalente est souvent vécu par la victime comme une profonde invalidation de ce qu’elle traverse.

Ce message implicite est particulièrement destructeur lorsqu’il provient de proches, car il signifie fréquemment :

« Je ne sais pas si je peux te croire pleinement. »

Même lorsque cette phrase n’est jamais prononcée explicitement, la victime peut la percevoir dans les comportements, les hésitations ou le maintien des liens avec la personne qui lui fait du mal.

Les contrecoups relationnelles

La victime finit souvent par se retirer

Progressivement, cette situation malsaine va dénaturer la relation.

La victime réduit ses confidences, filtre ses paroles, évite certains sujets et finit parfois par prendre ses distances. Non par hostilité, mais parce qu’elle ne se sent plus réellement en sécurité relationnelle.

Elle comprend que les informations circulent, qu'elles profitent au système pervers, que la neutralité protège la stabilité sociale du groupe au dépend de sa propre vulnérabilité, et que certaines personnes préfèrent préserver leur confort relationnel plutôt que d’affronter les implications morales de la situation.

Ce retrait est alors souvent interprété à tort comme de la distance, de l’exagération ou une rupture volontaire des liens, alors qu’il s’agit simplement d’un mécanisme de protection et de sécurité vis-à-vis des manipulations du pervers .

Pourquoi le pervers finis souvent par gagner le bras de fer relationnel ?

Le paradoxe final de la neutralité

Cette dynamique produit finalement un paradoxe fréquent dans les situations d’emprise :

  • la personne manipulatrice, parce qu’elle investit activement les relations sociales, continue à rester connectée au groupe ; tandis que la victime, pourtant celle qui aurait besoin de soutien, et qui a un rapport relationnel authentique, s’isole progressivement pour se protéger.

Autrement dit, le fonctionnement relationnel finit souvent par favoriser celui qui instrumentalise les liens sociaux, et non celui qui tente d’échapper à la domination. In fine le pervers gagne donc un bastion stratégique relationnel dans la guerre qu'il mène contre sa victime.

C’est en cela que la neutralité, dans un contexte d’emprise psychologique, ne peut pas être considérée comme une simple absence de position.

La victoire du pervers

Le tiers adjuvant désigne une personne qui, souvent sans le vouloir, sert à légitimer, aménager ou relayer la version du PN. Il peut s’agir d’un proche (conjoint, parent, ami), d’un collègue, d’un thérapeute ou d’un membre de la famille agrandie.

  • Ce tiers transmet les messages, les reproches, les incompréhensions du PN, tout en donnant une forme plus sociale et plus acceptable à une agression.

  • Il participe à la triangulation : il est insèré dans le conflit par le PN entre lui et sa victime principale pour valider sa version, discréditer la victime ou la pousser à “se remettre en question”.

  • Dans ce dispositif, le tier adjuvant contribue à protéger l’image du PN (le “bon couple”, le “bon parent”, le “bon citoyen”, le “bon intervenant”) au détriment de la victime, qui se retrouve progressivement isolée et discréditée.

En pratique, ce rôle peut être tenu à la fois par des personnes conscientes d’aider le PN et par des personnes qui se croient “bienveillantes” mais qui répètent et amplifient la narration narcissique.

L'instrumentalisation des relations

Un aspect central de la perversion narcissique est la quête permanente de bonne image sociale. Pour préserver cette image, le pervers narcissique recourt fréquemment à des mécanismes de triangulation, en se servant de personnes proches ou de son entourage. Deux notions circulent pour désigner ces rôles : tiers adjuvant et singes volants. Ces personnes ne sont pas seulement des complices la plus part du temps inconscientes: elles sont souvent elles‑mêmes des victimes, manipulées et instrumentalisées au détriment des victimes principales.

L'adjuvant est l'élément rajouter qui sert à faciliter l'absoption de la substance active

Le tiers adjuvant comme “porte‑parole” de l’image PN

L’expression singes volants (« flying monkeys ») vient de la métaphore du film Le Magicien d’Oz : la méchante sorcière envoie ses sbires accomplir ses basses œuvres à sa place. Dans le champ du PN, ce concept désigne les personnes qui agissent, au quotidien, à la place du PN : rumeurs, pressions, menaces, critiques envers la victime, soutien bruyant au PN, imposition de sa version.

  • Les singes volants peuvent être des connaissances, des collègues, des membres de la famille, ou même des professionnels qui se rangent derrière le discours du PN.

  • Ils véhiculent, amplifient et parfois radicalisent les accusations, les jugements ou les exigences du PN, sans que celui‑ci ait à se montrer directement agressif.

  • Grâce à eux, le PN reste dans l’ombre, présenté comme une victime, un martyr, ou un “raisonnable” face à une “instable” ou une “hystérique”.

D’un point de vue psychologique, ces personnes jouent le rôle de relais de la manipulation : elles multiplient les voix autour de la victime, créant un sentiment d’isolement, de doute et de confusion.

Les singes volants : extension invisible de l’agression PN

Ce qui est essentiel à souligner, c’est que les tiers adjuvants et les singes volants sont eux‑mêmes des victimes d’un système pervers.

  • Ils sont souvent instrumentalisés : le PN cultive avec eux des liens de complicité, de loyauté, de culpabilité ou de peur, afin de les garder dans son camp.

  • Certains sont aveuglés par la séduction, le discours de “bonne personne”. D’autres agissent par peur de devenir la cible suivante, ou pour rester dans la “grâce” du manipulateur.

  • Passés d’un côté de la barrière, ils peuvent devenir plus agressifs que le PN lui‑même, croyant honnêtement défendre la “vérité” ou “la justice”, tout en répétant la logique de domination et de dévalorisation.

Souligner cette double dimension permet de sortir d’un jugement moral simpliste. Contrairement à une vision binaire, la réalité montre un réseau de complicités et de souffrances : victimes principales, tiers adjuvants, singes volants, tous sont pris dans une même dynamique toxique orchestrée par le PN.

Une double victimisation

La triangulation narcissique

La manipulation des cercles sociaux

Découvrez les stratégies de manipulation qui peut-être vous instrumentalisent afin que vous contribuiez à sa pérennité et a son système d'emprise et d'assujettissement de sa (ou ses) victime(s). Dans cette dynamique la neutralité est une totale illusion.

Il n’existe pas de position véritablement neutre face à un pervers narcissique.

La neutralité n’est pas une absence d’engagement : elle est une indétermination, une matière première que le pervers exploite à son avantage. Elle ouvre un espace vide, un champ de possibilités et  d’interprétation où tout devient possible pour lui.

Cet espace, semblable à un abîme silencieux, devient le territoire idéal du rapace. Il y plane librement, sans obstacle, manœuvre avec aisance et étend sa domination sur un champ moral et psychologique intersubjectif — entre lui, son entourage et ses victimes.

Par ses comportements abusifs, il a su intimider et tenir à distance toute contre-force potentielle. En vidant ses relations de leur substance, il les réduit à un plan strictement administratif, sans que rien, du côté des apparences, ne s’exprime clairement. La neutralité et le faux-semblant social sont là pour en porter le masque. De cette manière, il éprouve et confirme son pouvoir d’autorité : il en mesure la force à la méfiance qu’il suscite et par l’espace qu’on lui abandonne, au-delà même des principes qu’il piétine.

L’indifférence ou la non-réaction de la société lui offrent alors une légitimité implicite. Ce vide devient une aubaine : un espace de liberté où il peut déployer ses stratégies d’emprise, affiner ses manipulations et assujettir sa proie.

Epilogue

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