

La neutralité corrompue
La neutralité constitue déjà une position complexe dans les relations internationales. Elle suppose une abstention formelle, un équilibre des engagements et une capacité à résister aux pressions des parties en conflit. Transposée à l’échelle individuelle et sociale, cette posture devient encore plus fragile.
Dans un conflit impliquant une personnalité manipulatrice, la neutralité — entendue comme refus de juger, de s’interposer ou de critiquer — ne demeure pas un simple retrait. Elle peut être interprétée, voire exploitée, comme une validation implicite. Le silence devient alors un signal. L’absence d’intervention est représentée comme une forme d’acquiescement.
Ainsi, ce qui se présente comme une abstention se transforme progressivement en ressource stratégique pour l’acteur dominateur. La neutralité cesse d’être un équilibre ; elle devient un levier. Elle n’est plus une position extérieure au conflit, mais un élément intégré à sa dynamique.
Dans bien des situations, c'est ce que l'on croit pouvoir se dire.
Mais la réalité est tout autre car vous êtes trompé dès le départ !
Vous êtes témoins de situations conflictuelles ou de comportements de domination, de disqualifications, d'humiliation... On vous confie des violences, des oppressions, des drames ... vous voyez des signaux de profond désarrois, d'abattement, de personne en souffrance... Mais vous n'êtes sûr de rien et vous souhaiteriez pouvoir rester neutre, garder vos distances et refuser de prendre parti. Pourtant, cette posture d’impartialité constitue rapidement une faille exploitable par le pervers narcissique. Ne pas le critiquer, afficher une attitude conciliante ou simplement préserver une apparence cordiale, c’est déjà répondre à son besoin fondamental : maintenir l’illusion d’une normalité sociale qui protège son image. Il n’a pas besoin de votre adhésion sincère, seulement de votre façade de coopération. Dans ce sens, chaque interaction — même minimale — peut servir à nourrir son système relationnel.
Voilà pourquoi, où que vous soyez, qui que vous soyez, vous n'êtes pas neutre car vous ou votre image sociale êtes déjà exploités par le pervers.
Vous pensez être
hors du champs d'action du pervers ?
hors du jeu ?
neutre, impartial ?


Message à l'entourage aux témoins, aux acteurs sociaux






Tous dans le collimateur du pervers !
Votre instrumentalisation
La logique perverse ne connaît pas de limites, car elle ne se limite pas à instrumentaliser votre personne, elle instrumentalise aussi les représentations sociales. Quelle que soit votre position, vous occupez une place sur l’échiquier social qu’il manipule pour renforcer son apparente légitimité. Vous ne pouvez pas échapper complètement à ce que vous représentez : votre statut, votre rôle, votre image véhiculent des valeurs qui dépassent votre volonté consciente. C’est cette dimension symbolique que le pervers détourne. Même en demeurant extérieur au conflit, vous pouvez malgré vous alimenter sa stratégie : il utilisera votre nom, votre réserve, votre politesse et votre silence comme autant de preuves sociales en sa faveur.
Dans ses récits, il présentera votre neutralité comme un signe d’alliance, ou votre absence de jugement comme une approbation implicite. Il sélectionnera les faits, les déformera, ou les inventera pour consolider son discours. Ainsi, votre distance devient une caution involontaire. En manipulant les apparences, il rend la neutralité effective impossible : la simple non-opposition devient un instrument au service de sa domination.










En multipliant les instrumentalisations individuelles, le pervers entretient l’apparence de sa fréquentabilité au sein de l’inconscient collectif de ses sphères relationnelles.
L'illusion de la neutralité
Lorsqu’on observe ce mécanisme avec lucidité, on comprend que la neutralité n’est pas perçue par le pervers comme une position d’équilibre, mais comme une faille à exploiter. Il instaure de fait une relation biaisée, dans laquelle la non-prise de position revient à lui céder le terrain. La situation de neutralité est donc une illusion, puisqu’il la détourne et la transforme à son avantage. Face à ce constat, la posture la plus saine n’est pas celle de la neutralité illusoire, mais celle de la clarté d’esprit : reconnaître la manipulation, en comprendre les implications, refuser l’instrumentalisation et affirmer ses limites en prenant position. Car sans cette conscience et cette attitude sociale, on participe, même involontairement, au jeu psychologique du pervers et à l'emprisonnement de sa victime.
Les chapitres qui suivent ont pour objet d'exposer ces stratégies sournoises, qui bien qu'elles soient documentées dans la littérature spécialisée, échappent à l'entendement général.
Organisation relationnelle alvéolaire
L’éloignement, pour le pervers narcissique, n’est pas un obstacle : c’est une ressource. Il sait exploiter la distance, qu’elle soit géographique ou émotionnelle, comme un moyen d’isoler, de désinformer et de mieux manipuler.
Il tire parti de votre ignorance concernant ses agissements ou ses conflits avec d’autres. À vos yeux, il demeure courtois, attachant, parfois même touchant ; mais pour lui, vous n’êtes qu’un levier relationnel, un élément de son dispositif d’influence. Vous devenez, à votre insu, un relais stratégique dans un réseau qu’il orchestre avec une précision méthodique.
Ce mode de fonctionnement repose sur une organisation relationnelle alvéolaire : chaque relation constitue une cellule étanche, soigneusement isolée des autres. Ce cloisonnement empêche toute mise en commun d’informations et réduit le risque de contradiction. Il peut ainsi défendre une représentation de la réalité qui l'avantage dans un groupe de discussion (une alvéole), puis en défendre une autre, toujours à son avantage en fonction de ce à quoi ce groupe à accès comme informations. En contrôlant la circulation des récits entre ces cellules, il façonne, de proche en proche, une contre-réalité cohérente, adaptée à ses besoins d’image et de contrôle.
Sans le savoir, vous pouvez ainsi devenir un vecteur de sa manipulation. En lui parlant, en donnant du crédit à ses dires, en relayant les opinions qu’il a subtilement modelées en vous, vous renforcez sa façade sociale et participez à l’isolement moral de ses victimes.
Il capitalise sur la confusion, la rétention d’information et l’ambiguïté, et il mise, chez les autres, sur leur discrétion, leur confusion, leur bonne foi, leur sens du respect de la vie privée — au sens juridique — ainsi que sur ce que la bienséance sociale considère comme « ce qui ne les regarde pas ».
Le pervers tire parti du fait que, face à des indices de maltraitance sans preuves formelles, nombre de témoins choisissent la prudence. Il mise ainsi sur leur hésitation naturelle à s’impliquer pour poursuivre sa manipulation à l’abri des regards.
Vous habitez à 500 km du pervers ?
Vous ne le voyez qu’une fois par an ?
Et vous pensez ne pas être concerné ?
Là encore détrompez-vous !


Ainsi il n'existe pas de positions neutres et impartiale avec un pervers narcissique.
Car l'indétermination est la matière première que le pervers transforme à son avantage. C'est laisser au pervers un champ d'action, un champ d'interprétation du vide. C'est lui offrir de l'espace de manœuvre pour mieux assujettir sa proie avec l'accord moral et implicite de la société puisqu'elle ne réagit pas.
En xxx Desmon Toutou on peut dire: En choisissant d'être neutre vous choisissez le camp de l'opresseur sans même savoir qui il est.
La neutralité est une indétermination, un espace vide plein de liberté. C'est l'abîme qui permet au rapaces de planner, de manœuvrer, de régner sur un territoire moral et psychologique intersubjective entre lui , son entourage et ses victimes. Cette liberté est



